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Lundi 16 octobre 2006

PEOPLE & BABY - Crèche business

Revue PME - n°22 - JUIN - JUILLET - AOUT 2005

Face à la pénurie de places en crèche publique, les structures privées deviennent à la mode. Dernière tendance : la crèche d’entreprise. Thomas Fabius, gérant de People & baby, s’est engouffré avec enthousiasme dans ce créneau d’avenir.

Des directrices assiégées, des listes d’attente interminables, une course au piston permanente… ce n’est un secret pour personne : les places en crèche sont rares. En France, à peine 9% des parents y ont accès. Dépassés par l’ampleur de la pénurie, les pouvoirs publics ne peuvent qu’encourager les modes de garde alternatifs. «La crèche d’entreprise est un petit grain de bonheur dans un monde de dureté», argumente Thomas Fabius (le fils de Laurent) avec conviction. Sa société, People and Baby, propose aux entreprises et aux zones industrielles des solutions «clés-en main».

Car ne s’improvise pas créateur ou gestionnaire de crèche qui veut. «C’est un amas de tracas !», prévient ce jeune patron de 23 ans. «Entre les formalités administratives, les normes en matière d’hygiène, de sécurité ou d’encadrement, les problèmes de responsabilité, monter une structure privée peut même être une vraie galère». De quoi rebuter les patrons, soucieux de bichonner leurs collaborateurs mais pas à n’importe quel prix. L’équipe de People & Baby se charge donc de tout : l’étude de faisabilité, la recherche , la construction ou l’aménagement d’un local, l’obtention des subventions, le recrutement du personnel… jusqu’à la gestion quotidienne du lieu et des risques inhérents à l’activité.

Ce métier tout neuf, pour lequel Thomas Fabius fait encore figure de pionnier, est né du «plan crèches», lancé par le gouvernement le 1er janvier 2004. Soit un programme de 200 millions d’e, prévoyant, entre autres, la création de 20 000 nouvelles places, en autorisant, notamment, l’ouverture de structures privées sous contrat, dont les normes sont celles appliquées dans le public. Et ce avec subvention à la clé (voir encadré). Pour les employeurs, l’occasion est belle de satisfaire les salariés à moindre coût. «L’entreprise a besoin de s’appuyer sur des collaborateurs efficaces, fidèles et disponibles. Elle doit leur offrir les moyens d’améliorer leur productivité et leur performance, de reprendre le travail sereinement après un congé maternité ou un congé parental, de diminuer l’absentéisme, les retards et le turnover», vante la brochure de People & Baby.

Que dit la loi ?

Depuis janvier 2004, la loi de finances permet aux entreprises et aux municipalités qui hébergent une crèche privée de bénéficier d’un crédit d’impôt. Si l’on ajoute les subventions des caisses d’allocations familiales et des Conseils Généraux, la réduction peut atteindre 80% du montant de la création et 60% de celui du fonctionnement. De quoi rendre la charge supportable aux employeurs : la création d’un berceau représente un investissement de 6 000 à 15 000 e, auquel il faut ajouter un coût de fonctionnement annuel de

 

 

Un gâteau de 3 milliards d’€

Venu de l’événementiel, Thomas Fabius voulait réaliser un projet «avec une plus-value sociale».Début 2004, il s’est donc associé avec un chef d’entreprise, Christophe Durieux, et Odile Broglin, une puéricultrice qui gérait 200 berceaux à l’hôpital Georges-Pompidou. Depuis, ils ont vendu une bonne vingtaine d’études de faisabilité, pour des crèches «mono» ou «multi» entreprises. Les clients ? «Un groupe pétrolier, une société dans l’industrie automobile, un organe de presse…» : discret, le directeur associé n’en dira pas plus. Mais c’est assez pour juger de la taille du gâteau, «un marché potentiel de trois milliards d’e», selon Thomas Fabius, qui n’est pas le seul gourmand.

Une formule multi-accueil

Car très vite, les sociétés qui proposent le service clés-en-main (Crèche Attitude, Crèches et Compagnie, Bébé Biz’, Crèche Logik, Les Petits Chaperons Rouges, La Ronde des Crèches ou encore Créa Crèche Conseil pour les structures inter-entreprises…) ont fleuri. A charge pour elles de rattraper le retard de la France, qui fait figure, avec une vingtaine de crèches d’entreprises pour 2,8 millions d’entreprises, de cancre européen. Mais il faudra encore patienter avant de rattraper les champions scandinaves, hollandais ou espagnols : «pour l’ouverture d’une crèche, il faut dix mois en moyenne à partir de l’étude, et dix-huit s’il faut construire le local», explique Thomas Fabius, qui planche actuellement sur la mise en œuvre de trois projets. Le premier devrait aboutir en novembre prochain.

Pourquoi un si faible taux de concrétisation ? «L’une des principales limites est la capacité d’accueil d’une crèche, qui ne peut pas dépasser 60 places. Chez un gros employeur, le quota est vite atteint», rappelle l’entrepreneur. A l’inverse, tous les salariés d’une société «testée», même de taille importante, ne sont pas forcément intéressés par ce mode de garde. C’est pourquoi Thomas Fabius travaille particulièrement sur les crèches multi-accueil, mixant un accueil à l’année et un accueil ponctuel, de type halte-garderie. «Cette formule permet aussi de bénéficier de toutes les subventions existantes», souligne-t-il.

A défaut de pouvoir se salarier, les trois associés paient aujourd’hui leurs huit colla-borateurs grâce à l’activité conseil - à raison de deux ou trois études chaque mois, facturées entre 10 000 et 15 000 e chacune. «Nous espérons gagner de l’argent dès 2007-2008». Optimiste, Thomas Fabius a néanmoins conscience que ces prévisions dépendront largement de leur compétence à gérer une crèche au quotidien. Réponse cet hiver.

De la plonge aux biberons

Bachelier à 16 ans, Thomas Fabius, à la différence de son énarque de père, ne s’est pas éternisé dans les études. Après deux années de prépa HEC, c’est au Club Med qu’il a atterri. Le temps pour le G.O. (gentil organisateur) de trouver un poste chez Accor. Pendant trois ans, Thomas Fabius a ainsi exercé tous les métiers de l’hôtellerie : plonge, réception, services d’étage, et… direction en tant qu’adjoint du Novotel de Bagnolet, le plus grand d’Europe. Avant de créer People & Baby, il travaillait pour MarketPlace, une agence du groupe spécialisée dans l’événementiel.

 
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